« 52,5% des jeunes ne travaillent pas »

Le centre du pays compte 47,5% des jeunes ayant un emploi contre 52,5% qui ne travaillent pas. Au centre-est 44,6% des jeunes travaillent contre 55,4 sans emploi. Le centre-ouest compte 25% des jeunes ayant un travail, le nord compte 45,1% tandis que le sud enregistre un record de 61,9% des jeunes ayant un emploi. En mairie de Bujumbura, 34,6% des jeunes travaillent. Les jeunes femmes sont moins embauchées que les jeunes hommes.

Ces résultats ont été présentés par le consultant Aloys Nivyimana, auteur d’une étude sur l’état des lieux en matière d’emploi des jeunes au Burundi. D’entrée de jeu, il a précisé qu’un échantillonnage par quotas a permis de sélectionner 790 jeunes représentatifs des caractéristiques majeures de la population cible.

Concernant la répartition des jeunes selon les secteurs d’activités, le rapport montre que le secteur privé est le plus grand pourvoyeur d’emploi et occupe 77,74% des jeunes contre seulement 26,26% pour le secteur public.

Quant aux difficultés que rencontrent ces jeunes en quête d’emploi, ceux du milieu rural évoquent à 52% le manque d’opportunités, 23% parlent du manque d’expérience, 11% évoquent l’inadéquation entre le profil et l’offre d’emploi tandis que 12% jugent être victimes de discrimination de toutes sortes. Et enfin l’accès difficile aux crédits bancaires.

La plupart des jeunes aspirent à l’auto emploi

Pour ce qui est des perspectives des jeunes, le rapport souligne qu’une une forte proportion (60,3%) en milieu urbain et 60,4% en milieu rural aspire à l’auto emploi tandis que 30,3% des jeunes du milieu rural et 26,8% du milieu urbain aspirent à un emploi salarié.

Et au consultant de conclure par des recommandations s’articulant autour de cinq axes : mettre en œuvre des réformes institutionnelles et renforcer les structures de l’emploi et l’insertion des jeunes, réformer le fonctionnement du marché du travail, repenser le modèle de croissance de l’économie burundaise, promouvoir les innovations dans deux secteurs particuliers à savoir l’agriculture et le tourisme afin de nourrir la croissance et ainsi créer de l’emploi et développer des sources innovantes de financement de l’emploi des jeunes.

Après cette présentation, les participants ont salué cette étude et ont donné leurs contributions. Deo Niyonkuru, secrétaire général de l’Adisco (Appui au Développement Intégral et à la Solidarité), a indiqué, à titre personnel, que le problème majeur pour les jeunes est de trouver où investir : « La question n’est pas de trouver des fonds mais où mettre l’argent pour en créer. »

Et d’exhorter le consultant à formuler des recommandations réalisables. Sur ce point, le secrétaire général de l’Adisco est revenu sur l’accès aux crédits en donnant l’exemple de la RDC et du Cameroun où l’Etat se charge de donner des garanties aux banques pour que les jeunes aient accès aux crédits.

Pascasie Kana a, quant à elle, insisté sur l’innovation de l’agriculture : « Est-ce que les jeunes aiment la terre. Veulent-ils cultiver. » Pour elle, le grand défi réside dans le changement des comportements. Elle fait remarquer que l’agriculture pourrait faire vivre les jeunes et leur permettre de se développer. Viennent ensuite le problème de transformation et le marché d’écoulements des produits.

 

Signalons que cette activité a débuté par les discours de circonstance des représentants de l’Adisco, du Cordaid et de l’assistant du ministre de la Fonction publique.